Depuis quelques jours, les mobilisations lycéennes grondent partout en France. Des blocus, des tensions, mais avant tout des lycéen·nes qui cherchent à se faire entendre par la classe politique et par le gouvernement.
Le mouvement lycéen a débuté entre les 20 et 21 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil. Les élèves mobilisé·es portaient une revendication simple : plus de moyens !
À la rentrée, le lycée manquait d’enseignant·es, d’une infirmière, d’une assistante sociale et de personnels d’encadrement. Très vite, les enseignant·es se sont mobilisé·es, rejoints ensuite par les élèves.
Le mouvement s’est rapidement propagé en Île-de-France. Les 24 et 25 septembre, les mêmes revendications ont été portées avec une ampleur nationale, de Lyon à Toulouse en passant par Montpellier.
D’appels sur les réseaux sociaux en témoignages, de nombreux lycéen·nes ont vu dans ce mouvement l’occasion de faire entendre leur voix collectivement. L’USL ainsi que d’autres organisations lycéennes, syndicats et partis ont rapidement appelé à leur tour à la mobilisation.
Le 28 septembre, selon l’Éducation nationale, 180 établissements étaient bloqués ou perturbés. Le lendemain, ils étaient 338 dans toute la France.
Des revendications simples, chiffrées et documentées
Ces problématiques sont connues et dénoncées depuis plusieurs années. Pourtant, rien ne change.
L’abolition de Parcoursup. Depuis 2018, ce système de sélection est dénoncé comme inégalitaire. Chaque année, 105 000 à 140 000 bachelier·es se retrouvent sans formation dans l’enseignement supérieur, dans un contexte de rétablissement de la sélection à l’entrée de l’université. Hérité du gouvernement d’Édouard Philippe, Parcoursup reste en vigueur malgré le rejet qu’il suscite et témoigne d’un système d’accès à l’enseignement supérieur à bout de souffle.
La surcharge des emplois du temps. Les lycéen·nes dénoncent des journées longues, parfois avec des cours du matin au soir et très peu de pauses. À cela s’ajoutent les difficultés liées aux temps de restauration : certain·es expliquent ne disposer que d’une demi-heure pour manger, après une matinée déjà chargée.
Et lorsqu’un·e lycéen·ne quitte son établissement, sa journée ne s’arrête pas là. Il faut encore compter les temps de trajet, qui peuvent parfois atteindre une heure et demie, les devoirs, les révisions et, enfin, lorsqu’il reste un peu de temps, la possibilité de prendre soin de soi et de ses proches.
Les conditions d’études. Certains lycées sont confrontés à des situations d’insalubrité : murs gorgés d’eau, plafonds qui s’effondrent, ampoules non remplacées, classes glacées l’hiver et étouffantes l’été. À cela s’ajoutent des personnels en nombre insuffisant et des absences qui ne sont pas remplacées.
Tout cela résulte notamment d’un manque de moyens accordés à l’Éducation nationale. Budget après budget, les politiques menées montrent que l’éducation n’est pas une priorité suffisante des gouvernements successifs et du président Emmanuel Macron.
Face à la mobilisation, la répression
Tous ces éléments mis bout à bout ont conduit aux mobilisations lycéennes de ces derniers jours. Partout sur le territoire, nous avons vu des lycéen·nes exprimer leur colère et leur souffrance face à l’inaction gouvernementale.
Des élu·es locaux et nationaux de L’APRÈS, comme Danielle Simonnet, députée de Paris, Simon Duquerroir, conseiller de Paris, ou encore Laurent Sorel, adjoint au maire de Paris, ont engagé des discussions avec les lycéen·nes mobilisé·es.
Mais ces rassemblements ont également été marqués par une forte répression policière. Partout en France, des scènes de violence ont été rapportées, alimentant le sentiment d’une tentative d’intimidation du mouvement.
À Montpellier, des lycéen·nes ont été plaqué·es au sol et traîné·es sur plusieurs mètres. À Alençon, une lycéenne a été prise au cou par un policier. À Sevran, la police montée est intervenue lors de la dispersion de la foule ; Clémentine Autain, députée de L’APRÈS, a saisi le préfet de police. Dans le Val-d’Oise, un lycéen a été touché au visage par une grenade lacrymogène.
Au total, 440 interpellations ont eu lieu partout en France.
Cette répression est sans commune mesure avec les violences et dégradations, évidemment condamnables, qui ont pu émailler la journée du 29 septembre.
À différents endroits, des tirs de mortiers visant les forces de l’ordre, des jets de poubelles contre des proviseur·es ou des personnels d’encadrement scolaire, ainsi que d’autres jets d’objets ont également été rapportés.
Nous condamnons fermement l’ensemble de ces violences, qui n’ont pas leur place dans la mobilisation menée depuis plusieurs jours. Cette violence n’a rien à faire dans cette lutte.
La mobilisation continue
La mobilisation va se poursuivre. L’USL appelle au blocage des établissements le 1er octobre, puis à une mobilisation commune des étudiant·es et des lycéen·nes le 6 octobre.
Nous répondons présent·es.
Les lycéen·nes peuvent être le grain de sable qui grippe le rouleau compresseur gouvernemental et le terreau d’une rentrée sociale de lutte.
Nous savons que cette mobilisation ne prendra fin que lorsque le gouvernement aura reçu les différentes forces lycéennes et les organisations syndicales et apporté des réponses concrètes à leurs revendications.
Les lycéen·nes de L’APRÈS