À propos d’une note de la Fondation Jean-Jaurès sur l’électorat RN
Ces données sont issues d’une longue note d’Antoine Bristielle (Fondation Jean-Jaurès), à partir des données de l’enquête électorale française pour Le Monde et le Cevipof, elle-même basée sur un panel de plus de 10 000 personnes.
Cette étude est intéressante dans le sens où elle s’appuie, prolonge et approfondit d’autres analyses de chercheurs de qualité sur la sociologie du vote FN/RN, tels que Félicien Faury, Nonna Mayer, Gilles Ivaldi ou Luc Rouban.
Elle traite de l’électorat, ou plutôt des électorats, du FN/RN à partir du potentiel d’agglomération entre les familles d’électeurs actuels (« la France oubliée » et « les libéraux identitaires », très schématiquement le vote RN du Nord et celui du Sud-Est) avec les familles d’électeurs potentiels (« la France glissante » et la « droite radicale opportuniste »), où s’entremêlent préoccupations sociales, identitaires et économiques, et en fonction de la centralité de ces mêmes préoccupations pour ces catégories d’électeur·ices.
On parle donc bien d’un potentiel électoral, très incertain et encore mouvant, pas de prévisions. Mais cela témoigne des marges bien réelles de progression électorale du FN/RN.
En arrière-plan surgit la réussite de la stratégie de notabilisation du parti, à l’œuvre depuis une dizaine d’années, avec une accélération depuis 2022, qui contraste avec la diabolisation maximale de LFI.
Ceci étant dit, cette étude confirme ce que l’on sait déjà : le caractère attrape-tout du parti FN/RN, qui ne fera qu’exacerber les contradictions internes actuelles quant à la ligne éco-sociale, durant la campagne électorale bien sûr, mais aussi et peut-être surtout dans l’hypothèse où Bardella ou MLP viendrait à l’emporter en avril prochain, sachant que rien ne garantit une victoire du RN aux législatives qui interviendront dans la foulée.
Le lien vers la note :
https://www.jean-jaures.org/publication/les-quatre-familles-qui-votent-rn-la-france-oubliee-les-liberaux-identitaires-la-france-glissante-la-droite-radicale-opportuniste/
Et en Europe
Grande-Bretagne : Samedi 16 mai, une manifestation a eu lieu à Londres à l’appel du hooligan fasciste Tommy Robinson. Environ 60 000 personnes, selon la police, contre 150 000 en septembre, ont participé à la marche « Unite the Kingdom », anti-immigration et anti-islam. À noter la présence et le happening de trois militantes, dont Alice Cordier, de Némésis, portant un voile intégral sur une estrade.
Espagne : Dans l’État espagnol, des élections régionales se sont déroulées le week-end des 16-17 mai en Andalousie. La Communauté autonome, la plus peuplée et ancien bastion historique du PSOE, a vu les néofranquistes de Vox progresser légèrement en remportant 15 députés (+1).
Le point important est ailleurs : le PP, qui, comme toutes les droites libérales conservatrices européennes, dérive de plus en plus vers sa droite, a perdu sa majorité absolue et dépend donc de Vox. Des pactes de gouvernement ont déjà été signés entre le PP et Vox au niveau régional, après les élections en Aragon et en Estrémadure, permettant l’introduction de la clause législative raciste de « priorité nationale » sur les aides sociales et le logement.