L'APRÈS
Menu
Newsletter J'adhère Je donne
L'APRÈS
Fermer

Retrouvez sur ce canal telegram les actualités de l'APRÈS

Rejoignez des milliers
d'adhérents partout en France

J’adhère

Soutenez l'Après, aidez-nous à
financer nos actions !

Je donne

Primaire socialiste : un coup de plus porté à l’unité de la gauche

La victoire écrasante de Raphaël Glucksmann dès le premier tour de la primaire sociale-démocrate, avec 66 % des voix, est une très mauvaise nouvelle pour toute la gauche. Il y a certes une logique politique à la désignation du leader de Place Publique pour représenter le Parti socialiste à l’élection présidentielle. Le PS l’avait déjà choisi deux fois, en 2019 et 2024, pour conduire sa liste aux élections européennes. Surtout les atermoiements de la direction socialiste depuis l’été 2025 à s’engager pleinement dans la construction du Front populaire 2027 ont affaibli le projet unitaire et ouvert un large espace aux adversaires du rassemblement le plus large de la gauche. Finalement, le vote interne des socialistes du 9 juillet actant l’organisation d’une primaire fermée au seul espace PS-PP, contre l’option d’une primaire ouverte défendue par Olivier Faure, pavait le chemin de celui qui rejette avec constance, depuis le début, toute démarche unitaire. L’élection de R. Glucksmann n’est pas une surprise, tant le rapport de force était dès le départ défavorable aux autres candidat·es, notamment à Olivier Faure. Avec les 42% de sa motion au dernier congrès socialiste, et la défaite de l’option de la primaire ouverte qu’il soutenait en juillet (45% seulement dans le vote interne du PS), le handicap initial était difficile à combler pour un Premier secrétaire devenu minoritaire dans son propre parti. Pour le réduire, il lui fallait le soutien des nouveaux électeur·rices à 10 ou 15 euros inscrit·es pour la primaire. C’est l’inverse qui s’est produit, les 100.000 nouveaux inscrit·es ayant assuré à R. Glucksmann un succès sans appel avec les deux-tiers des suffrages. Le piège d’une primaire rabougrie s’est ainsi refermé sur le PS ou, plus justement, sur son actuelle direction. Les ingrédients en étaient pourtant bien connus : vote censitaire, sociologie biaisée, influence accrue des médias dominants, poids disproportionné des électeurs « stratèges », etc. Seule une délibération massive et inclusive avec plus d’un million de participant·es pouvait le déjouer. Les vaincu·es du 11 octobre ont malheureusement préféré ignoré ces avertissements. Sans le relativiser, le succès de R. Glucksmann doit toutefois être ramené à juste proportion. Avec un peu moins de 80.000 voix pour une élection à 120.000 participant·es, nous sommes très loin d’un triomphe, quand le Nouveau Front populaire de 2024 avait rassemblé 9 millions d’électeur·rices. Les observateurs ont aussi rappelé que Benoît Hamon avait été désigné par une primaire, en janvier 2017 avec plus d’un million de suffrages et François Hollande, en 2011, avec 1,6 million. Mais les chiffres ne doivent pas conduire à sous-estimer l’importance cruciale du moment. Le verdict du 11 octobre marque une bascule stratégique historique qui concerne toute la gauche. Elle est d’autant plus nette que la campagne et les trois débats télévisés ont mis en évidence le seul enjeu clivant fondamental : la question du rassemblement de toute la gauche, y compris LFI, pour les législatives qui suivront l’élection présidentielle. Et le résultat est sans appel, avec plus de 70 % des suffrages au total pour ses adversaires, R. Glucksmann et Jérôme Guedj. Que le PS se range derrière la ligne « démocrate » d’un candidat qui regarde ouvertement vers les anciens électeur·rices d’Emmanuel Macron et les partisan·es de Gabriel Attal plutôt que vers le « peuple de gauche » est un problème pour toute la gauche. D’autant que la menace principale n’est pas à gauche mais, plus que jamais, celle d’une victoire de l’extrême-droite. Car les effets de cette stratégie, avec pour horizon la « grande coalition » avec la droite, sont visibles partout en Europe : la disparition de la gauche, et de toute perspective de transformation sociale et d’émancipation collective. Plus que jamais, L’APRÈS doit travailler pour 2027 à l‘unité de toutes les forces qui ne s’y résignent pas.

Pierre-Yves Legras

Publié par L’APRÈS le 16 oct. 2026
Fermer
L'APRÈS

Pour aller plus loin partagez
ce site sur Facebook, X, Bluesky,
Mastodon ou par mail

Non merci