En augmentant une nouvelle fois ses taux d’intérêt sous prétexte de juguler la hausse des prix, la Banque Centrale Européenne (BCE) prend une décision dangereuse. Loin d'éteindre l'incendie, cette stratégie durcit l'accès au crédit, asphyxie les investissements des entreprises, alourdit la dette des États et menace directement l'emploi, le tout sans s'attaquer aux véritables racines de l'inflation.
Un modèle théorique déconnecté de la réalité
Pour justifier ce coup de frein, la BCE s'obstine à appliquer une grille de lecture obsolète : la courbe de Phillips. Ce schéma suppose qu'une hausse des prix provient nécessairement d'une économie en surchauffe qu'il faudrait refroidir. Or, l'Europe ne souffre d'aucun excès de consommation. L'inflation subie est quasi exclusivement importée, alimentée par les chocs énergétiques et les tensions géopolitiques mondiales. Renchérir le coût du crédit en Europe ne fera baisser ni le prix du baril, ni les tensions internationales.
L'urgence de questionner le mandat de la BCE
Cette erreur de diagnostic met en lumière un problème institutionnel majeur : l'obsession de la BCE pour son objectif principal de stabilité des prix (fixé à 2 %). L'institution relègue systématiquement au second plan son mandat secondaire, qui lui impose pourtant d'apporter son soutien aux politiques économiques générales de l'Union, notamment la croissance et l'emploi. En privilégiant une cible d'inflation irréaliste au détriment de l'activité réelle, la BCE faillit à sa mission globale.
Il est désormais urgent de réformer ces dogmes monétaires et d'imposer un arbitrage réel en faveur de l'emploi et de la transition économique.
Groupe de Travail international et Groupe de Travail Economie de L’APRÈS