"Riblette, Riblette ne se laissera pas faire". Ce matin du mardi 12 mai , des élèves encadrés par des parents et des enseignants de cette école parisienne du 20e sont revenus demander au rectorat l'annulation d'une fermeture de classe avec bien d’autres délégations d’écoles de paris parfois en REP.
Une scène qui fait écho aux nombreuses mobilisations notamment dans le 1er degré depuis l'annonce de budget ; la rentrée scolaire 2026 s'annonce très difficile.
Pourtant une baisse démographique se confirme. Selon le ministère, le nombre d'élèves devrait baisser à la rentrée 2026 de 2 % soit 125 400 élèves pour le seul premier degré. En collège, la baisse serait très forte en 6eme dès l’an prochain avec 20800 élèves en moins. D’ici 2035 le phénomène se poursuivrait pour arriver en écoles , collèges et lycées à un recul cumulé de 1,7 millions d’élèves.
Face à ce tournant historique, le gouvernement aurait pu choisir de maintenir les moyens pour baisser le nombre d'élèves par classe ; au lieu de cela il impose 3700 fermetures de classe dans le 1er degré et 4000 suppressions de postes d'enseignants ainsi « économisés » tous degrés confondus. Pourtant si l'amélioration du système éducatif ne se réduit pas aux effectifs, ce paramètre reste incontournable pour changer l’Ecole surtout au profit des élèves des milieux populaires. Comment avoir une école efficace avec souvent plus de 25 enfants en maternelle et élémentaire (hors éducation prioritaire) et des classes à 30 en collège et 35 au lycée général et technologique ? Nous sommes parmi les moins bien classés de l'OCDE pour les effectifs et on oublie souvent de nous dire que le succès du système finlandais s'accompagne d'effectifs classe autour de 19 jusqu’au collège ! Ce n’est bien sûr pas l’option retenue par le gouvernement Lecornu qui voit dans la baisse démographique, une aubaine pour sa politique d'austérité. C'est bien sûr tout l'inverse qu’il faudrait faire en utilisant la baisse démographique pour améliorer le fonctionnement du service public au service des élèves mais aussi des conditions de travail des personnels. En profiter pour réduire fortement le nombre d'élèves par classe, réussir une véritable prise en charge et inclusion des élèves en situation de handicap avec suffisamment d'AESH (avec un statut et un salaire décent), d’enseignants spécialisés et de postes d’enseignant.es remplaçant.es etc.
Cette amélioration immédiate du fonctionnement de l’Ecole rendrait avec une augmentation des salaires, bien plus attractifs les emplois d’assistant.es sociales, d’infirmier.ères et de psychologues scolaires dont une partie des postes restent vacants, bref tout ce qui manque tant à notre école publique ! Mais mener une véritable politique au service de l'école publique nécessite aussi de s’attaquer aux dérives du financement de l'enseignement privé. Il est financé à 75% par l’Etat depuis 1959, mais l’absence de contrôle au niveau national et académiques s’est renforcé. Cette opacité du financement concerne les financements du privé par les collectivités territoriales rendues obligatoires comme depuis 2019 la scolarisation dès 3 ans. Mais cette question concerne aussi les subventions facultatives au privé dont la droite comme Mme Pecresse en Ile de France ne se prive pas ! Ce n'est plus un système complémentaire comme il a été pensé à l'origine mais bien un système de concurrence déloyale qui choisit ses élèves et affaiblit l’école publique notamment dans les grandes métropoles comme Paris où le privé risque de devenir majoritaire. C'est donc à la fois la question de l’utilisation des moyens « donnés » par la baisse démographique et la question du financement d’une Ecole privée par l’argent public qui doivent être mis sur la table pour se donner les moyens d’une véritable réforme de gauche de l'école publique.