Cher·es membres du Conseil national du PS, cher·es militant·es socialistes, cher·es camarades,
Le jeudi 9 juillet prochain, dans votre tradition de pluralisme et de démocratie interne, vous aurez, par votre vote, par vos bulletins, un choix à faire, un choix politique grave et lourd de conséquences.
Un choix qui n’est pas seulement de méthode. Car opter pour la primaire de la gauche et des écologistes, c’est décider d’une orientation. Ce bulletin de vote doit être entre les mains de vos votants. Il est temps de trancher : soit vous tourner vers votre gauche, soit retourner à l’hollando-macronisme.
L’alternative d’apparence complexe de vos débats est, au final, assez simple et peut se résumer à cette alternative : union de la gauche et des écologistes ou union des centres.
Soit avec nous, soit sans nous.
Nous nous adressons donc à vous pour que votre choix se fasse en pleine conscience. Votre vote ne concernera pas que les socialistes.
Il ne s’agit plus de trouver une solution pour respecter les équilibres de votre parti, mais de répondre concrètement aux préoccupations de millions de personnes qui ont besoin d'une vie meilleure et seraient dangereusement maltraitées par une extrême droite au pouvoir.
Pour cela, nous avons devant nous une double tâche : battre le RN et rompre avec dix ans de macronisme, avec son accumulation de mesures injustes et écocides - et en réalité, en finir avec des décennies de politiques néolibérales et productivistes. La canicule en cours et ses conséquences dévastatrices pour celles et ceux qui travaillent dans des conditions difficiles, pour les plus fragiles (enfants, personnes âgées) et nos millions de concitoyen·nes qui vivent dans des bouilloires thermiques rappelle l’urgence d'une politique cohérente et déterminée de bifurcation écologiste et d'adaptation. Il y a urgence - la crise est là.
C’est en proposant un programme audacieux et convaincant sur le terrain social, écologiste et démocratique, que l’on mobilisera les nôtres, la jeunesse, les salarié·es et les milieux populaires blessés par le creusement des inégalités.
C’est aussi en dégageant une stratégie efficace contre l’extrême droite, qui peut gagner cette élection si nous sous-estimons le danger. Nous sommes entrés dans une nouvelle période à laquelle doit répondre une nouvelle stratégie. Celle que nous vous proposons, fédératrice, et dont nous avons jeté les bases ensemble en nous retrouvant à Bagneux en juillet dernier, permet de bâtir ce chemin de victoire crédible. Ne vous laissez pas enivrer par votre passé.
Voilà presque 15 ans qu’aucun candidat de gauche et écologiste n’a battu seul le candidat ou la liste d’extrême droite lors d’une élection nationale. Voilà deux élections successives qu’aucun•e candidat•e de gauche n’atteint le second tour de l’élection présidentielle. Et lors de ces deux dernières élections, le candidat soutenu par le PS a obtenu des scores particulièrement faibles. Ces échecs ont sanctionné une stratégie, pas seulement vos candidats.
Abandonnez donc toute forme de conservatisme rassurant. Il y a tout à construire.
Pour autant, rien n’est perdu d’avance. Cette nouvelle période est lourde de potentialités à condition que nous sachions les saisir. Les récentes élections municipales ont montré, à de très nombreux endroits, la force de l’union de la gauche et des écologistes pour gagner.
Pour 2027, qu’avons-nous à faire ? Il ne s’agit pas seulement de réaliser un bon score au premier tour, même si c’est la première condition. Il faudra aussi entrainer plus largement au second en agrégeant à nous tous·tes celles et ceux qui ont à cœur les libertés démocratiques, le refus du racisme et de l’antisémitisme, en d’autres termes : une certaine idée de la République qui refuse l’égoïsme social et la xénophobie comme programme.
Si vous le décidez, nous pouvons le faire ensemble. Et pour notre part, nous voulons agir avec vous. Mais cela dépendra des choix que vous ferez dans les prochains jours.
Aussi par cette lettre, nous avons la franchise de vous dire que nous ne soutiendrons pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issu d’un processus de primaire et qui nous couperaient de la possibilité de relever l’immense défi qui est devant nous.