Depuis des décennies, les climatologues nous alertent. Le réchauffement climatique, c’est plus de sécheresses réduisant les rendements des cultures, plus de dépérissements et d’incendies de forêt, mais aussi plus de tempêtes et d’inondations. Mais le réchauffement climatique, c’est aussi plus de canicules. Leur fréquence ne va cesser de s’accroître et la période va s’allonger de mai à octobre.
Si les pays respectent leurs engagements actuels, les climatologues estiment que le réchauffement atteindra +1,5 °C en 2030, +2 °C en 2050, et +3 °C en 2100. Mais l’ampleur du réchauffement variera en fonction des zones géographiques. Pour la France, Météo France l’a estimé à +2 °C en 2020, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100.
En 2100, certaines zones du globe ne seront plus viables, car nous y atteindrons des températures létales pour l’homme. Déjà en Inde, la semaine passée, la canicule faisait monter le thermomètre entre 40 et 50 °C. Aujourd’hui, c’est l’Europe qui est frappée par une canicule très précoce. Déjà 7 décès !
Nous ne sommes pas égaux face à ces poussées de chaleur. Les travailleurs pauvres continuent à se tuer sur les chantiers ou dans les champs. Les logements des plus précaires sont mal isolés et ne se refroidissent pas la nuit, quand les plus riches abusent de la climatisation renforçant les îlots de chaleur dans les villes.
Des solutions existent. Mais le plan d’électrification n’est pas la solution miracle. Nous avons surtout besoin d’un virage vers la sobriété heureuse, qui mise sur les transports en commun.
Pour réduire notre empreinte carbone, l’APRÈS propose (i) d’aider les collectivités souhaitant assurer la gratuité des transports du quotidien, (ii) un ticket climat pour les transports en commun, (iii) la relance du plan vélo, (iv) une taxe grands voyageurs sur les billets d’avion et (v) la renationalisation de Fret SNCF.
La transition écologique doit s’accompagner de justice sociale et organiser avec les salariés les reconversions industrielles nécessaires.
Pour nous adapter au changement climatique, nous proposons aussi un grand plan de rénovation thermique des bâtiments et la végétalisation des villes. Deux mesures d’urgence sont nécessaires à mettre en place : aucune classe d’école ne doit dépasser les 30 °C et surtout aucun salarié ne doit travailler au-dessus de 30 °C.
Mais nous ne résoudrons pas la crise climatique seuls, la France doit abonder le fonds climat pour les pays du Sud. La sortie des énergies fossiles pour tendre vers 100 % de renouvelables est aussi un impératif de souveraineté. Chaque jour, la guerre en Iran nous le démontre.
Plus largement, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion plus globale de notre modèle de développement pour en finir avec l’extractivisme et le consumérisme.
Hendrik Davi