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Poursuivre la bataille contre le cadmium !

Depuis 33 ans nous savons que le cadmium est cancérogène. Depuis 15 ans, les études convergent, les alertes se succèdent, pour pointer du doigt la contamination des Français·es. Le manque de réactivité des autorités nous met en danger depuis des années.
Les conséquences du cadmium sur la santé sont importantes et multiples. Il est classé cancérogène avéré pour l’Homme depuis 1993 par le centre international de recherche sur le cancer. C’est un mutagène, toxique pour la reproduction. Il induit également des atteintes rénales et cause des fragilités osseuses, qui mènent à l’ostéoporose lorsque l’exposition est prolongée.

Ce métal est pour partie naturellement présent dans les sols, plus ou moins selon les régions du monde. Toutefois, sa présence en quantité importante est due à l’action humaine, et les engrais minéraux phosphatés en sont la principale raison. Largement épandus sur les sols agricoles, ces engrais font pénétrer le cadmium dans la terre, il contamine ensuite les cultures par les racines.

Dans une étude parue en 2004 l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le présentait déjà comme une substance à surveiller prioritairement. Puis, dès 2011 elle alertait sur un dépassement de la dose hebdomadaire tolérable de cadmium chez les Français·es, particulièrement les enfants. Dix ans plus tard, Santé publique France révélait que le taux de cadmium avait presque doublé, et que les niveaux en France étaient 3 à 4 fois plus élevés que chez nos voisins européens.

98% de la contamination provient de l’alimentation chez les non-fumeurs. Ce chiffre est édifiant. Que manger quand tout est contaminé ? Les pesticides, les PFAS, le cadmium : nos assiettes font peur.

Pourtant des solutions existent pour nous protéger, des politiques publiques structurantes peuvent sauver notre alimentation de cette dérive sanitaire. Le silence des autorités est assourdissant.

Les gestes individuels ne nous aideront pas, c’est à l’État de réglementer. C’est ce que l’Anses recommande : une réglementation de la teneur maximale en cadmium à 20 mg par kilogramme de P₂O₅. Au niveau européen la limite est fixée à 60mg/kg. Mais en France elle peut atteindre les 90mg/kg grâce à une dérogation !

Comme le rappelle justement le cardiologue Pierre Souvet dans Le Monde : « Combien faudra-t-il de nouveaux cas de cancers pour que nos dirigeants réagissent ? ». 

Des procédés de décadmiation existent pour dépolluer les engrais. Leur coût a été évalué à 2€ par hectare pour une culture de blé. Le coût de l’inaction s’élève lui à 2,6 milliards d’euros à horizon 2040, rien que pour traiter l’ostéoporose.

Surtout, la réduction de notre exposition au cadmium, aux pesticides, ne se fera pas sans évolution des pratiques, couplé à la garantie d’un accès pour toutes et tous à une alimentation de qualité.

Le bio n’est évidemment pas épargné par le cadmium mais plusieurs publications scientifiques montrent qu’il est nettement moins contaminé que le conventionnel. En moyenne la concentration en cadmium est inférieure de 48% dans les cultures bio.

Or, le projet de loi d’urgence agricole qui arrive bientôt à l’Assemblée nationale, ne prévoit ni soutien à l’agriculture biologique, ni mesure garantissant l’accessibilité à une alimentation saine pour tous les revenus. La santé des Françaises et des Français n’est pas une priorité du gouvernement.

Clémentine Autain s’est mobilisée en 2025 en demandant la création d’une commission d’enquête sur la contamination au cadmium à l’Assemblée nationale. Proposition justement reprise par la gauche ces dernières semaines. Elle porte désormais, avec Benoît Biteau, une proposition de loi pour limiter la présence du cadmium dans les engrais, conformément aux recommandations sanitaires de l’Anses. Ce texte, signé par 104 député·es de tous horizons politiques, a été mis à l’ordre du jour de la semaine transpartisane du 11 mai prochain. Toutefois, placé en 7e position, il n’a aucune chance d’être examiné. C’est un véritable pied de nez politique.

Un dernier espoir perdure pour la semaine transpartisane du 1er juin. D’ici là, seule la mobilisation citoyenne peut convaincre les parlementaires et le gouvernement de se mobiliser sans tarder.

Une pétition est en ligne sur la plateforme de l’Assemblée nationale, pour demander une action immédiate : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5521.

L’État doit prendre des mesures en urgence pour nous protéger.
L’État doit agir pour transformer en profondeur notre système alimentaire.

Publié par L’APRÈS le 17 avr. 2026
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