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Mai 2026, janvier 2020 : rebelote ?

Les médias sont en surchauffe. Deux jours après le départ d’Ushuaia en Argentine, un passager d’un yacht de luxe en croisière polaire décède. La vie à bord continue comme si de rien n’était. Malheureusement, quelques jours plus tard sa femme puis d’autres passagers présentent à leur tour des symptômes. L’alerte sanitaire est donnée et il est rapidement confirmé que l’infection est causée par un hantavirus.

Cette famille de virus est bien connue des équipes travaillant sur le Pathogène X, c’est-à-dire qui essaient d’anticiper quels agents infectieux pourraient causer une future pandémie. On trouve les hantavirus dans les populations de rongeurs de par le monde. Ces animaux tolèrent bien l’infection mais notre espèce beaucoup moins : selon les souches, plus de 4 personnes testées positives sur 10 décèdent. Le SARS-CoV-2 était lui quarante fois moins létal. La plupart des hantavirus ne peuvent pas se transmettre entre humains ; la souche ANDES qui a causé l’épidémie sur le navire est l’exception qui confirme la règle. Le paramètre qui détermine notre capacité à maîtriser une épidémie virale est le temps entre l’apparition des symptômes et le début de la contagiosité. Plus les symptômes apparaissent tard après l’infection, plus le contrôle est ardu. Pour les hantavirus, l’incubation peut prendre 4 jours à 6 semaines, ce qui laisse du temps pour retracer les contacts. En revanche, la transmission pourrait commencer deux jours avant le début des symptômes.

L’épidémie s’étendra-t-elle au reste du monde ? Deux facteurs permettent d’être optimistes. D’une part, il n’existe à ce jour que 8 cas confirmés sur les 147 membres d’équipages et croisiéristes (sans parler des autres cas contacts). On peut utiliser cette information pour estimer le nombre moyen d’infections causées par une personne infectée mais les calculs sont délicats car des mesures sanitaires ont été prises sur le yacht. Plus généralement, la propagation semble enrayée, même si la source de cette explosion épidémique demeure inconnue.

La seconde raison qui incite à l’optimisme est la réponse politique et les mesures sanitaires prises. Ils sont loin les sarcasmes de janvier 2020 devant le port du masque dans les pays asiatiques ou le rassurisme de février 2020 quand les hôpitaux italiens croulaient sous les cas de COVID sévères. Toutefois, plusieurs leçons semblent ne pas avoir été retenues. En France, la mise sous tutelle de Santé Publique France par le pouvoir politique est une menace directe pour notre santé comme l’illustre le cas récent des agences de santé aux USA, qui semblent peu pressés d’organiser le suivi des contacts. Enfin, il n’existe pas de traitement ou de vaccins contre les hantavirus. Ceci nous rappelle que le démantèlement continu de la recherche publique, avec par exemple plus de 500 millions d’euros détournés du budget du CNRS par les gouvernements Macron, hypothèque notre capacité à faire face à de futures épidémies.

Samuel Alizon, Directeur de Recherche au CNRS

Publié par L’APRÈS le 15 mai 2026
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