Que l’on ne se trompe pas : les menaces du directeur général de Canal+ en réponse à la pétition « Zapper Bolloré » ne sont que le début du bras de fer qui s’engage avec les travailleur.euses de la culture. Après le limogeage d’Olivier Nora, qui peut encore croire qu’un seul secteur, qu’une seule industrie culturelle, qu’un seul artiste échappera à la bataille qui s’est ouverte, et dont la dernière escarmouche a fait la une des journaux ? Face au courage des signataires de la tribune, et notamment les plus précaires d’entre eux, l’embarras cannois faisait figure de réponse bien faible au regard des coups de boutoir répétés du milliardaire breton et de ses affidés du RN. Depuis la prise de contrôle d’iTélé, la mise au pas du JDD ou d’Europe 1, nous assistons bien à une guerre culturelle de position qui, progressivement, s’étendra au spectacle vivant par le biais de filiales détenant de nombreuses salles de spectacles. En parallèle, les député.es du parti de Bardella s’attaquent tour à tour aux fondements mêmes de notre État culturel : France Télévisions, l’Arcom, le CNC, tout ou presque y passe ; tout ou presque devient prétexte à dénoncer une culture qui serait prétendument déconnectée. Et l’État, pourtant garant de l’intérêt général culturel, ne cesse de défaillir, comme en témoignent les récentes prises de parole de Gaëtan Bruel, président du CNC, ou de Catherine Pégard, ministre de la culture, en réaction celle de Maxime Saadé et de sa liste noire. La mise au pas de l’ensemble du secteur menace, au service d’un projet de société d’extrême-droite autoritaire et les capacités de régulations de l’État sont inopérantes. La mobilisation de tous s’impose. L’Après, et son groupe de travail culture-médias, continuera de défendre, envers et contre tout, la liberté d’expression et de création, qui demeure le fondement de toute démocratie.
C’est au nom de ces libertés que nous luttons :
- - pour la mise en place d’une continuité de revenus pour les artistes-auteur.rices afin de leur garantir une véritable indépendance ;
- - pour l’adoption d’une grande loi anti-concentration dans le secteur culturel afin de libérer l’édition, les médias, le cinéma ou encore la musique live des intérêts économiques des groupes oligopolistiques ;
- - pour une refonte globale des modèles de redistribution de la valeur artistique afin qu’elle ne soit plus captée par un petit nombre de capitalistes dénués de d’esprit public.