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Frais d’inscription : non au tri social et national à l’université

En augmentant massivement les frais d’inscription des étudiant·es étranger·es hors Union européenne, le gouvernement attaque à la fois l’égalité d’accès aux études, l’université publique et l’internationalisme du savoir. 


Qui ? Le gouvernement. Quoi ? Une nouvelle offensive contre l’université publique : imposer aux étudiant·es étranger·es hors Union européenne des frais d’inscription pouvant atteindre 2 895 € en licence et 3 941 € en master, contre 178 € et 254 € pour les frais nationaux. Où ? Dans toutes les universités françaises, avec des mobilisations en cours. Quand ? Dès la prochaine rentrée. Pourquoi ? Parce que l’État organise l’asphyxie budgétaire de l’enseignement supérieur, puis prétend combler les trous en faisant payer les étudiant·es, en commençant par celles et ceux qui ont le moins de droits pour se défendre.

Par exemple, à Montpellier, l’impact serait massif. À la Faculté des Sciences, les étudiant·es étranger·es représentent 23 % des effectifs, soit environ 2 000 étudiant·es, venu·es de plus de 100 pays. Beaucoup viennent d’Algérie, du Maroc, du Liban, du Sénégal, des Comores ou de Tunisie. Qui peut croire que ces jeunes pourront payer, dès septembre, près de 3 000 € en licence ou 4 000 € en master ? La mesure frapperait aussi des étudiant·es déjà engagé·es dans leur parcours, par exemple celles et ceux qui terminent une licence et veulent poursuivre en master. 

Cette mesure est une double violence. Violence sociale, d’abord : elle transforme le droit aux études en privilège réservé à celles et ceux qui peuvent payer. Violence politique, ensuite : elle trie les étudiant·es selon leur passeport. Derrière les mots technocratiques de « droits différenciés », il y a une réalité limpide : pour les étudiant·es extracommunautaires, ces frais deviendraient la règle, l’exonération l’exception. Les plus précaires seront poussé·es dehors. Les autres pourront rester, à condition de devenir des client·es solvables. 

C’est une politique d’austérité, mais avec un arrière-goût particulièrement nauséabond de préférence nationale. On commence par faire payer les étranger·es hors UE, parce que le pouvoir pense que ce sera plus facile à faire passer. Puis, demain, ce sera l’ensemble des étudiant·es. C’est ainsi que progresse la marchandisation : par étapes, par catégories, par divisions. 

L’exemple britannique devrait pourtant servir d’avertissement. À force d’augmenter les frais d’inscription, de mettre les universités en concurrence et de les rendre dépendantes des frais payés par les étudiant·es internationaux, l’Angleterre a construit un modèle instable : étudiant·es endetté·es, établissements fragilisés, formations menacées. C’est ce mur-là que le gouvernement français prétend prendre pour modèle. 

Nous refusons cette logique. L’université n’est pas un marché. Les étudiant·es ne sont pas des client·es. Le savoir n’est pas une marchandise. Partout, la réponse doit être claire : retrait de cette mesure, moyens pour les universités, gratuité réelle des études, accueil digne des étudiant·es étranger·es. Face au tri social et national, défendons une université ouverte, populaire, émancipatrice et internationaliste.

Publié par L’APRÈS le 13 mai 2026
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