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Non à la mise en place de « centres de retours » dignes de l’ICE aux États-Unis !

Immigration, droit d’asile : pour un combat d’ensemble contre les nouvelles directives européennes de l’alliance de la droite et de de l’extrême-droite 


Le 17 juin dernier, les eurodéputé·es ont adopté un règlement qui autorise la rétention de migrant·es expulsé·es, débouté·es du droit d’asile dans des centres situés dans des pays hors de l’Union européenne. C’est une terrible illustration de la politique migratoire européenne. 

Ce règlement vise à permettre la mise en place de véritables prisons (surnommées « hubs de retour ») gérées par des pays hors UE qui retiendront les étranger·ères expulsé·es. Le Rwanda, l’Ouganda et l’Ouzbékistan sont d’ores et déjà pressentis. 

Ce texte prévoit de nombreuses mesures pour accélérer les expulsions et limiter les recours quand une demande de protection sera refusée.

 Il s’inscrit, bien entendu, dans la logique de l’adoption du Pacte européen sur la migration et l’asile qui est entré en vigueur le 12 juin de cette année. Un pacte qui, sous couvert d’harmonisation des politiques d’asile au sein de l’Union européenne, restreint l’accès au droit, limite les garanties et renforce les mesures coercitives. Et elles sont nombreuses : enfermement dès l’âge de 6 ans, placement généralisé en procédure accélérée ou à la frontière, zone de rétention, fichage biométrique, interdiction de séjour sur le territoire européen et externalisation de l'asile. 

De plus, ce vote est un symbole : l’aboutissement, sur l’immigration, d’une alliance inédite à Bruxelles entre la droite et l’extrême droite, qui a même réussi à rallier quelques voix du bloc central ! 

C’est une formidable victoire que François-Xavier Bellamy – député européen, vice-président des Républicains, artisan de cet accord – leur a offerte. Il a fait la démonstration qu’une coalition rassemblant la droite européenne du Parti populaire européen (où siègent les eurodéputés français LR), et des groupes d’extrême droite (où siègent les élus du Rassemblement national) était possible. Et qu’elle pouvait constituer une majorité alternative à celle qui, à Bruxelles, va habituellement du PPE aux socialistes. 

Dans la situation politique française, l’exemple de la possible constitution d’un bloc d’union des droites doit légitimement nous inquiéter ! 

Heureusement, le règlement voté le 17 juin n’est pas contraignant et rien n’oblige les pays européens à mettre en place des centres de rétention extra-européens. Macron a indiqué que la France ne mettrait pas en place de centres en dehors des frontières de l'UE , alors même que les députés européens du parti Horizons d’Edouard Philippe ont voté en faveur de ce texte. À nous de peser sur le gouvernement français pour qu’il refuse de copier les politiques anti-immigrées mises en place par Trump aux États-Unis. 

L’APRÈS dénonce ce nouveau renforcement des politiques anti-immigrées et mettant en cause le droit d’asile. 

L’APRÈS défend une grande action de régularisation des sans-papiers présent-es sur le territoire, en s’inspirant de la régularisation massive qui se met en place en Espagne. 

L’APRÈS revendique un accueil digne (logement, accès aux soins, accompagnement administratif, scolarisation, accès à l’emploi). 

L’APRÈS défend l’accès inconditionnel aux droits pour toutes et tous. 

L’APRÈS s’associera à toutes les initiatives de la société civile qui s’opposeront à cette politique migratoire européenne indigne, répressive et dangereuse.

GT Antiracisme / Asiles Migrations




Publié par L’APRÈS le 9 juil. 2026
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