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Nous y sommes.

Nous y sommes. Des chaleurs inédites dépassant de 10 à 15 degrés les normales saisonnières nous terrassent. Oui, le déréglément climatique met en danger les corps humains, la faune et la végétation. À terme, c’est l’habitabilité de la terre qui est en jeu.

À qui la faute ? La suractivité humaine, suscitée par la recherche illimitée de profit, est à la source de la catastrophe. C’est bien un capitalisme reposant sur les énergies fossiles qui détruit notre santé et notre environnement. Le productivisme et le consumérisme, corollaires de la loi du profit, conduisent à l’émission démesurée de gaz à effet de serre.

Or ce système économique a été encouragé par les politiques publiques. Les dirigeants savaient mais ils n’ont rien fait. Leurs dogmes, leur orientation économique, leurs décisions ont imperturbablement suivi le même cours. Les alertes remontent pourtant aux années 1960. Le rapport Meadows, qui pointe les méfaits de la croissance, date de 1972. Le premier rapport du GIEC remonte à 1990. N’en déplaise aux climato-sceptiques voire négationnistes, le consensus scientifique est établi. Depuis des décennies. Mais les irresponsables politiques continuent à nous envoyer dans le mur.

Les ministres font mine de découvrir la situation. Leur solution ? Un numéro vert ! Et le renvoi à la responsabilité individuelle. Une ministre nous donne des consignes – « boire de l’eau », « ne pas faire de sport », « appeler un médecin en cas de malaise » - pendant que le PDG de Total dénie toute responsabilité – le climat, « c’est l’affaire de tous » (sic).
La solution sera collective, structurelle, ou ne sera pas. Enclencher la bifurcation écologiste, voilà l’urgence. Les solutions sont connues. C’est un ensemble de mesures qu’il faut mettre en œuvre, de la rénovation des bâtiments à la transformation de notre agriculture, du développement des transports en commun au leasing social de petites voitures électriques pour les habitants des zones rurales et périurbaines, de l’encouragement au recyclage/réemploi à la relocalisation de notre économie pour sortir du grand déménagement du monde. Le préalable, c’est de sortir nos imaginaires de l’infernal triptyque croissance/compétitivité/productivité. C’est une langue morte. L’heure est au suffisant, à la coopération, à la justice sociale. Le capitalisme vert est un leurre. S’attaquer à ses logiques est une condition sine qua non pour relever le défi climatique. La puissance publique peut s’en donner les moyens. Et sécuriser nos vies.

Clémentine Autain

Publié par L’APRÈS le 26 juin 2026
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