Donald Trump, ce 7 avril 2026, a ponctué son parcours erratique d’une décision imprévue : l’approbation d’un accord avec le pouvoir iranien pour instaurer un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
Il faut se féliciter que le peuple iranien, pris en étau entre la répression sauvage du régime et la destruction du pays, puisse souffler et ne subisse plus des bombardements incessants.
Mais il ne faut ni oublier ni relativiser que 24 heures avant ce fragile accord Trump brandissait la menace d’une destruction totale de l’Iran.
Trump a menacé de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre…
Il ne s’agit plus désormais pour Trump d’aider le peuple iranien à se débarrasser de la dictature des Mollahs et des Pasdarans - qui l’a cru ? -, ni de neutraliser les capacités de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire, pas même d’accompagner jusqu’au bout Netanyahou dans son entreprise criminelle de remodelage de la région, par ses offensives à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie, au Liban, en Iran… Mais bien de détruire l’économie de l’Iran et d’écraser le pays et la population sous les bombes.
Cela parce que le régime de Téhéran résiste à ses injonctions : ouvrir le détroit d’Ormuz et capituler. Bref, refuse de reconnaître que Trump est bien le maître du monde et un grand faiseur… de paix ! Encore un prix Nobel à l’horizon ?
Alors que la société et le peuple de l’Iran sont porteurs d’une civilisation multiséculaire, Trump conduit, au grand dam des trois quarts de la société américaine, les États-Unis vers un avenir cauchemardesque, celui d’une hyperpuissance militaire privée d’intelligence et d’humanité.
Pourquoi cet aveuglement à accompagner Netanyahou dans ses guerres sans fin ? Pourquoi ce déploiement militaire impressionnant et cette obstination à ravager l’Iran en méprisant les annonces du régime iranien qu’il saurait subir cette offensive et y riposterait en frappant les fragiles États du Golfe et en bloquant le détroit d’Ormuz avec les conséquences en résultant pour l’économie mondiale ? Et pourquoi, malgré les formidables capacités d’information dont disposent la CIA et le Pentagone, avoir ignoré que ce même régime conserverait les moyens de tenir parole ?
Aujourd’hui, à Washington, Trump se glorifie d’une opération militaire spectaculaire qui a permis de récupérer le pilote du F15 abattu dans une montagne d’Iran. 200 soldats des forces spéciales, 150 appareils militaires (dont certains détruits) ont été mobilisés pour sauver une vie, celle d’un militaire américain. Il est logique que l’armée américaine ait tout fait pour éviter l’humiliation d’un pilote américain tombé entre les mains du pouvoir iranien et l’usage politique désastreux pour son entreprise qu’aurait pu en faire le régime. Mais il est profondément immoral que cette seule vie soit jugée précieuse, et qu’on méprise les milliers de victimes des bombes et missiles que les aviations américaine et israélienne déversent sur l’Iran et sur le Liban, qui sont autant de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité.
Cet exploit militaire de la récupération du pilote américain est prétexte pour Trump de parader, de se laisser encenser par les flagorneries honteuses de cette cour que forment les principaux dirigeants d’une Administration aux ordres, et d’insulter grossièrement les Iraniens. Mais le président reste mutique sur ce que sont les réels objectifs de cette guerre. Sait-il seulement comment sortir du piège dans lequel il s’est précipité, du chaos dans lequel il a plongé le Moyen-Orient et au-delà ?
Aujourd’hui, il se félicite de l’accord avec le pouvoir iranien, dont il proclame qu’il signe le succès de sa politique. Un cessez-le-feu « pour convenance personnelle » peut-il changer la donne ? C’est assurément un répit pour des populations exténuées par une répression de masse et des bombardements massifs. Reste que sur le fond rien n’est réglé, tant les positions sont contradictoires et susceptibles de revirements et nulle raison n’existe de penser que l’hubris de Trump y trouvera son compte. Quant à Netanyahou, il est clair qu’à aucun moment il n’envisage de renoncer à son offensive guerrière au Liban.
Reste que les États-Unis ne renverront aucun peuple, dans cette région et ailleurs, à l’âge de pierre. Mais les sociétés et États démocratiques, à commencer par la société américaine, disposent-ils des moyens de stopper la fuite en avant vers la barbarie dans laquelle les entraînent Trump et Netanyahou ?
Face aux exactions criminelles dont ils sont victimes, solidarité avec les peuples des différents pays du Moyen-Orient, en premier lieu les peuples palestinien, iranien et libanais ! Soutien à leur résistance aux régimes ou aux gouvernements criminels qui prétendent leur imposer leur loi.
Mobilisation internationale pour d’urgence mettre fin à cette guerre folle.
GT International de l'APRÈS