En France, depuis la présidence Sarkozy, le rôle de la police nationale a été profondément remanié. La police de proximité a été supprimée, les contrôles au faciès définitivement tolérés, l’État d’urgence a progressivement été inscrit dans le droit ordinaire.
La politique de gestion de l’ordre est devenue une honte nationale. La France a été condamnée par la CEDH à plusieurs reprises pour ses techniques d’encerclement et la brutalisation du maintien de l’ordre. Chaque année, ce sont des hommes et femmes blessé·es. Ce sont aussi des morts.
La situation est grave. À l’heure des rassemblements devant les lycées, ce sont des enfants qui sont désormais les cibles d’une institution policière qui ne protège plus. Les images d’enfants traîné·es, violenté·es, étranglé·es sont une abjection.
On entend plus le ministre de l’Intérieur que l’Éducation nationale. C’est inconcevable.
La police ne peut être une réponse autoritaire aux mobilisations sociales. Elle doit être celle qui protège la population, pas le pouvoir. Nous demandons :
- La fin de l’usage des lanceurs de balles de défense dans la gestion de l’ordre (LBD) ;
- L’effectivité du port du matricule d’identification des policiers (RIO) ;
- L’application réelle de l’interdiction des gaz lacrymogènes à proximité des écoles ;
- L’indépendance de l’IGPN vis-à-vis de la direction générale de la police nationale ;
- Le retrait de la loi RIPOST, notamment de la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
Il est de la responsabilité du gouvernement d’organiser les conditions de la confiance entre la police et la population. Les moyens financiers doivent aller à la sécurité des personnes, pas à la défense du pouvoir. L’efficacité du travail de l’institution policière doit être évaluée. Le maintien de l’ordre doit permettre la mise en œuvre de nos libertés individuelles, pas les restreindre.
Enfin, la réponse citoyenne est exemplaire. Partout en France, la communauté des adultes : parents, enseignant·es, voisin·es des établissements scolaires, élu·es… apportent son soutien aux mobilisations lycéennes.
Nous appelons à la présence massive devant les lycées et dans les manifestations des citoyen·nes pour être aux côtés de la jeunesse, en symbolisant par casque blanc, brassard blanc, t-shirt blanc, une volonté d’apaisement et de protection.