Presque 12 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école, du collège ou du lycée. Autour d’eux, 1,2 million d’adultes qui assure des missions d’encadrement, d’enseignement, d’assistance éducative, d’administration. Soit un fonctionnaire sur cinq. L’école doit être au cœur de l’élection présidentielle.
Mobilité sociale
Les enquêtes internationales se ressemblent. Contrairement aux idées propagées, leur lecture nous apprend non pas que l’enseignement français serait médiocre ou que « le niveau baisse » mais qu’il produit des élèves dont les résultats ont avant tout une origine sociale. L’école reproduit les inégalités, voire les creuse. Elle doit répondre aux aspirations des familles populaires, d’une ascension sociale par la voie scolaire.Protection des enfants
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. La massification des stages et des apprentissages, la présence « à tout prix » dans les entreprises, a de funestes conséquences. Blessures graves, morts d'enfants auxquels on fait faire des travaux dangereux sont des scandales égrainés dans la presse. L’école doit encadrer au strict nécessaire le recours aux stages et aux apprentissages et interdire l’exposition aux situations dangereuses, et en contrôler le respect.Adaptation climatique
Juin 2026 restera dans les mémoires. Les épisodes de canicule se sont enchaînés et les établissements ont, à plusieurs endroits du pays, fermés leur porte, sans consigne claire ni cohérence entre les territoires de la part de l’Éducation nationale. Il faut interroger les rythmes scolaires et leur adaptation au changement climatique, fixer des règles en cas de dépassement de températures dans les locaux, réhabiliter le bâti en créant un fonds pour abonder les budgets des collectivités.Employeur exemplaire
L’Éducation nationale doit sécuriser les parcours des AESH, avec des formations diplômantes et l’accession au statut public. Elle doit augmenter les rémunérations des personnels, en n’en oubliant aucun, pour que les métiers (re)deviennent attractifs. Elle doit donner aux enseignant·es des conditions de travail qui rendent possible les apprentissages, en particulier des élèves en difficultés ou à besoins spécifiques, en profitant de la baisse démographique pour réduire les effectifs par classe.Et l’école privée ?
Une des conditions de la bataille pour la justice et la mobilité sociale réside dans l’obligation, pour l’enseignement privé, d’intégrer des objectifs de mixité scolaire. Parce que financées par de l’argent public, les écoles privées doivent intégrer la carte scolaire. C’est un premier pas qui vient ouvrir un autre chemin à terme, celui d’une éducation unique.Marlène Collineau